« autrefois il y avait des survivants pour dire que
soudainement le monde devint une planète de jouets
Une énorme balle rouge gonfla dans le ciel
Les choses petites devinrent grandes et les grandes choses
disparurent...
Je n’ai ni vu ni entendu ces choses /
J’étais assise seule dans ma chambre
Ce matin là l’enfant avait remué dans mon ventre comme s’il
avait voulu s’enfuir du monde
A travers les murs de mon ventre il avait senti la frayeur
du monde
Les spasmes de mon corps écrasait l’enfant
Ma chair s’ouvrit en éclatant et le jeta dans la fournaise
qui brûlait ma maison »
Voici le monstre, une
créature morte avant d’être née, brûlée par les radiations nucléaires.
C’est un fantôme qui
nous parle, il nous raconte la vie qu’il aurait pu vivre et nous présente les tableaux de son hypothétique vie . Cet
homme repoussant , ce monstre pourtant conditionné par une éducation
stéréotypée et annihilante, nous donne une leçon d’humanité.
Il faut que nous
luttions chaque jour pour rester des
êtres humains et c’est cette lutte que le monstre nous raconte Rouge, noir et
ignorant, premier volet de la trilogie « pièces de guerre » est
un écrit violent, poétique et politique.
Il nous emporte à travers des situations de plus en plus extrèmes, descriptions
apocalyptiques, corruption de l’âme humaine.
Edward Bond son auteur, interroge : « comment devenir humain
dans un monde ravagé par la guerre et par les injustices sociales ? »
Il a aussi une énorme confiance en l’être humain « ce dont je suis
certain, c’est que personne ne renonce délibérèment au nom d’humain. Faire de
nous des êtres humains exige beaucoup de culture ; faire de nous des bêtes
exige encore davantage »
Et nous qu’en pensons-nous ?
Pour ma part ce dont je suis certaine c’est... vigilance...