L'Atelier du désordre

Un théâtre contemporain et populaire
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Rouge, noir et ignorant
Shitz
Rouge, noir et ignorant
d'Edward Bond
Mise en scène de Marion Poincelet

« autrefois il y avait des survivants pour dire que soudainement le monde devint une planète de jouets

Une énorme balle rouge gonfla dans le ciel

Les choses petites devinrent grandes et les grandes choses disparurent...

Je n’ai ni vu ni entendu ces choses /

J’étais assise seule dans ma chambre

Ce matin là l’enfant avait remué dans mon ventre comme s’il avait voulu s’enfuir du monde

A travers les murs de mon ventre il avait senti la frayeur du monde

Les spasmes de mon corps écrasait l’enfant

Ma chair s’ouvrit en éclatant et le jeta dans la fournaise qui brûlait ma maison »



Voici  le monstre, une créature morte avant d’être née, brûlée par les radiations nucléaires.

C’est un fantôme qui nous parle, il nous raconte la vie qu’il aurait pu vivre  et nous présente  les tableaux de son hypothétique vie . Cet homme repoussant , ce monstre pourtant conditionné par une éducation stéréotypée et annihilante, nous donne une leçon d’humanité.

Il faut que nous luttions chaque jour  pour rester des êtres humains et c’est cette lutte que le monstre nous raconte Rouge, noir et ignorant, premier volet de la trilogie « pièces de guerre » est un écrit violent,  poétique et politique. Il nous emporte à travers des situations de plus en plus extrèmes, descriptions apocalyptiques, corruption de l’âme humaine.  Edward Bond son auteur, interroge : « comment devenir humain dans un monde ravagé par la guerre et par les injustices sociales ? » Il a aussi une énorme confiance en l’être humain «  ce dont je suis certain, c’est que personne ne renonce délibérèment au nom d’humain. Faire de nous des êtres humains exige beaucoup de culture ; faire de nous des bêtes exige encore davantage »

Et nous qu’en pensons-nous ?

Pour ma part ce dont je suis certaine c’est... vigilance...